Fin des années 70, alors que New York vibre au son du Paradise Garage et que Chicago esquisse les premières lignes de la house, l’Italie expérimente. La naissance de l’Italo-Disco s’inscrit dans le sillage de la vague disco américaine, mais avec un ancrage profondément local.
Née dans les studios artisanaux de l’Italie du Nord, à la croisée du glamour milanais et des plages de Rimini, cette musique a su imposer une esthétique kitsch, sans doute, mais assumée, où l’excès devenait élégance et le mauvais goût, un style. À Milan, Rimini ou Vérone, une poignée de producteurs et d’arrangeurs bricolent, dans des studios souvent artisanaux, un son inspiré du disco US mais teinté de romantisme européen. Faute de musiciens live, on s’appuie sur les synthétiseurs analogiques, les boîtes à rythmes et les vocodeurs. On enregistre vite, souvent à bas coût, avec une urgence presque punk. Le résultat ? Une musique dansante, mélodique, naïve et futuriste, qui séduit les DJs allemands, français, hollandais et bientôt, les clubs du monde entier.
Aujourd’hui, l’Italo-Disco infuse toute une frange de la pop électronique. On en retrouve les échos chez The Weeknd, Jessie Ware, Christine and the Queens, MGMT, ou Róisín Murphy. Les productions de la scène synthwave, mais aussi une partie de la house indie, doivent beaucoup à l’Italo : une certaine idée de la nuit, élégante et électronique.
Les Classiques Incontournables (1982 – 1984)
-
Gazebo — I Like Chopin (1983) : Un classique absolu avec sa mélodie de piano emblématique.
-
Ryan Paris — Dolce Vita (1983) : Le tube estival par excellence de la vague Italo Disco.
-
P. Lion — Happy Children (1983) : Un hymne du genre, reconnaissable dès ses premières notes.
-
Righeira — Vamos a la playa (1983) : L’un des plus grands succès commerciaux de cette scène.
-
Raf — Self Control (1984) : Le titre original qui a conquis l’Europe avant la reprise de Laura Branigan.
Énergie & Synth-Pop Succulente (1984 – 1986)
-
Savage — Don’t Cry Tonight (1983/1984) : Une mélodie mélancolique portée par une production synth-pop impeccable.
-
Silver Pozzoli — Around My Dream (1985) : Rythme entraînant et refrain entêtant, un modèle du genre.
-
Baltimora — Tarzan Boy (1985) : Tubes international connu pour son gimmick vocal mondialement célèbre.
-
Ken Laszlo — Hey Hey Guy (1984) : Très représentatif de l’Italo Disco plus rapide et festif.
-
Valerie Dore — The Night (1984) : Une touche plus mystérieuse et atmosphérique.
Fin de l’Âge d’Or (1986 – 1987)
-
Scotch — Mirage (Delirio Mind) (1986) : Énergie brute et synthés percutants.
-
Sabrina — Boys (Summertime Love) (1987) : Le phénomène mondial de l’année 1987.
-
Den Harrow — Don’t Break My Heart (1987) : Production impeccable signée par l’équipe de producteurs de référence de l’époque.
